YANNICK ACKAH & NGOYE

18.12.2021 - 25.02.2022

METAMORPHOSES

L'exposition en duo "Métamorphoses" présente du 23 décembre 2021 au 26 février 2022 de nouvelles œuvres des artistes Yannick Ackah et Ngoye sur 230m2 à Jungfernstieg dans la galerie Melbye-Konan.

Le motif de la métamorphose a notamment été forgé par le poète grec Ovide, qui entend par là "des figures transformées en nouveaux corps". Il s'agit donc d'un processus qui conduit à l'abandon de l'ancienne forme et à l'apparition de quelque chose de nouveau, différent de l'ancienne forme. Mais cette délimitation claire entre ancien et nouveau, sujet et objet, existe-t-elle vraiment ? Ne peut-on pas plutôt parler d'une forme perceptible en constante évolution ?

Dans les œuvres de Ngoye, c'est précisément cette question qui se pose en termes d'images. Ses séries de visages alignés créent un dialogue cohérent dans la formulation de leur contenu et les expressions expressives de leurs visages qui s'entremêlent. Les figures qui semblent se fondre les unes dans les autres, avec des mimiques et des gestes changeants, rendent impossible toute délimitation claire, ce qui ouvre à l'observateur la plénitude du devenir.

"Chaque personne avec qui je parle de problèmes de société ne montre pas sa véritable identité. Ces masques que nous portons cachent ce qui se trouve derrière : la vraie personne. Car nous vivons dans une certaine méfiance. C'est pourquoi j'ai commencé à peindre des masques et des visages : Nous changeons constamment d'expressions et de mimiques : avec les messages que nous recevons, les expériences que nous vivons, les conversations que nous avons. À travers mon travail, je me place devant un miroir et je me demande qui je suis et comment je m'adapte à l'environnement changeant : est-ce que je reste qui je crois être ?" (Ngoye)

Yannick Ackah reconnaît lui aussi la métamorphose comme une caractéristique existentielle fondamentale de l'être humain. Sous des titres comme "Ici tout est ronde", Ackah entreprend une décomposition picturale des mouvements du visage, ce qui permet de représenter de manière abstraite la nature processuelle de l'expression faciale et du corps. Mais en fin de compte, c'est la temporalité, composante essentielle de la métamorphose, qui masque le changement constant et ne le rend compréhensible que dans la rétrospective.

"Je vois dans les sculptures africaines une beauté, un défi, une histoire complète, un grand mystère que j'essaie de résoudre par mon travail avec des lignes, des coups de pinceau et aussi avec la couleur." (Ackah)

La galerie Melbye-Konan représente le travail artistique d'Ackah et de Ngoye depuis sa création et est heureuse d'inaugurer le spectacle en duo le samedi 23 décembre.